Le dimanche 1er novembre 2026, la deuxième journée de la JASBE s'est ouverte sur un panel consacré aux cancers les plus fréquents au Burkina Faso : le cancer du sein, le cancer du col de l'utérus et le cancer de la prostate. Animé par le Pr Nayi Zongo, cancérologue et président de la Coalition burkinabè contre le cancer, il porte un message simple : détectés tôt, ces cancers se soignent beaucoup mieux.
Le Pr Nayi Zongo au panel cancer de la JASBE, le 1er novembre 2026. Vidéo : Facebook.
Cancer du sein : les repères selon l'âge
Selon le Pr Zongo, on ne sait pas prévenir le cancer du sein, mais on peut éviter d'en mourir, à condition de le dépister tôt :
dès 20 ans : l'autopalpation des seins, une fois par mois ;
dès 35 ans : en plus, un examen des seins par un médecin, chaque année ;
dès 40 ans : une première échomammographie de dépistage, qui repère des lésions encore invisibles et impalpables ;
dès 50 ans : une mammographie de dépistage tous les deux ans.
Plus de 2 000 cas de cancer du sein sont diagnostiqués chaque année au Burkina Faso, le plus souvent à un stade tardif. Détecté tôt, il guérit dans plus de 94 % des cas, selon lui.
Cancer du col de l'utérus : la stratégie 90-70-90
Le cancer du col est le deuxième cancer de la femme, et l'un de ceux que l'on sait éliminer. L'Organisation mondiale de la santé fixe trois objectifs pour 2030 :
90 % des jeunes filles vaccinées contre le papillomavirus avant 15 ans ;
70 % des femmes dépistées entre 35 et 45 ans ;
90 % des femmes porteuses d'une lésion correctement traitées.
Au Burkina Faso, la vaccination est gratuite pour les filles de 9 à 14 ans, dans les sites de vaccination habituels.
Cancer de la prostate : profiter de chaque consultation
C'est le cancer le plus fréquent chez l'homme. Le conseil donné : faire de chaque contact avec un soignant une occasion de vérifier sa prostate, et connaître les signes d'alerte pour consulter tôt.
Un dépistage et des soins plus accessibles
Le dépistage du cancer du sein est gratuit et des cliniques mobiles le proposent jusque dans les villages et les marchés. Le Pr Zongo a aussi rappelé le décret présidentiel de 2023 qui rend la radiothérapie gratuite pour les cancers du sein, du col de l'utérus et de la prostate.
La suite de la journée
Après le panel cancer, le programme a abordé la santé mentale (stress, anxiété et leur effet sur l'alimentation), la diversification alimentaire de l'enfant avec les produits locaux, avec une pédiatre, l'alimentation pour prévenir le cancer et vivre avec, et la santé féminine : l'effet des produits locaux sur le corps, la peau et la reproduction, avec des pharmaciens chercheurs, une gynécologue et une entrepreneure qui fabrique des serviettes hygiéniques en coton biologique.
La veille, les conférences avaient porté sur la prévention par la consommation locale, le diabète, les maladies rénales, la gériatrie, la chrononutrition (à quelle heure manger pour bien vieillir), la production d'aliments à la maison et la prévention des maladies cardiovasculaires.
Le message de Danielle Bouda, fondatrice de Miam Diet : consommer local, mais aussi réclamer des produits locaux de qualité et vérifier leur provenance. Chaque soir, une séance d'activité physique clôturait la journée.
Ces repères sont donnés à titre d'information et ne remplacent pas l'avis d'un médecin. Parlez de votre dépistage avec votre soignant.
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